Le coup de gueule de l’OMS contre la cigarette électronique
2010/11/22
Selon lci.tf1.fr,
Plus de 170 pays ont adopté samedi au terme d’une conférence de l’Organisation mondiale de la santé en Uruguay des directives pour renforcer la lutte antitabac, en réglementant notamment l’usage d’additifs chimiques adoucissant les cigarettes. Les pays signataires de la Convention-cadre de l’OMS pour la lutte antitabac (CCLAT) sont également convenus d’intégrer les programmes d’aide pour arrêter de fumer à leurs systèmes nationaux de santé et de soutenir des campagnes de sensibilisation de la population. Les plus de 170 pays qui ont souscrit ce premier traité international destiné à réduire la consommation de tabac, entré en vigueur en février 2005, étaient réunis pour la quatrième fois cette semaine à Punta del Este (sud-est).
Autre point évoqué lors de cette conférence : la cigarette électronique. Présentée comme une solution pour arrêter de fumer, elle “sabote les stratégies de l’OMS” dans sa lutte contre le tabac, ont dénoncé l’OMS ainsi que des associations antitabac à l’occasion cette conférence. Lacigarette électronique est “un outil pour saboter les stratégies destinées à encourager les individus à arrêter de fumer”, estime Eduardo Bianco, directeur régional de l’Alliance pour la Convention-cadre de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) pour la lutte antitabac (CCLAT).
Les cigarettes électroniques, ou e-cigarettes, censées aider les fumeurs à arrêter de fumer, sont des générateurs d’aérosol dont la forme rappelle celle de la cigarette et qui produisent de la fumée artificielle aromatisée, avec ou sans nicotine. Les entreprises qui commercialisent ce produit, inventé en Chine en 2004, affirment qu’il est moins nocif que les cigarettes traditionnelles et qu’il constitue une solution pour aider les consommateurs à arrêter de fumer, ce que contestent l’OMS et des ONG. “La cigarette électronique est présentée comme un instrument certifié pour arrêter de fumer mais il n’y a pas de preuve scientifique pour appuyer cette affirmation”, déclare Eduardo Bianco. En outre, les cigarettes électroniques “sont vendues aux fumeurs pour qu’ils puissent les utiliser dans des endroits où il est interdit de fumer”, dénonce Danny McGoldrick, de l’ONG Tobacco-Free Kids.
“Gadgets”
Selon un rapport de la CCLAT divulgué lors de la conférence, l’augmentation de la consommation decigarettes électroniques coïncide d’ailleurs avec la mise en place de lois interdisant le tabac dans les lieux publics. Eduardo Bianco souligne également la nocivité de certains composants des cigarettesélectroniques. “La nicotine est une drogue très addictive et ce qu’ils utilisent pour véhiculer la nicotine est le propylène glycol, une substance toxique pour les êtres humains”, ajoute-t-il. Il s’inquiète aussi de l’attrait des jeunes pour les cigarettes électroniques, qui pourrait remplacer l’addiction au tabac par un autre vice.
“C’est vraiment intéressant pour un jeune de 15 ou 16 ans de se montrer avec ce genre de gadgets électroniques qui s’allume quand on tire dessus”, explique-t-il. “Personne ne dit que les cigarettesélectroniques ne pourraient pas être un outil utile pour aider les fumeurs à arrêter de fumer, mais il n’y a simplement aucune preuve que ce soit une méthode efficace”, conclut McGoldrick. “Plusieurs pays ont justement interdit les cigarettes électroniques parce qu’elles n’ont pas passé de test scientifique” sur leur efficacité et leurs éventuels effets néfastes pour la santé, abonde Francis Thompson, analyste des politiques de l’Association pour les droits des non-fumeurs.
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