Importante saisie de tabac à Victoriaville

Par 93,3FM

Les policiers de la Sûreté du Québec d’Arthabaska ont effectué une importante saisie de 15 caisses de tabac de contrebande, hier (jeudi), à Victoriaville et ailleurs dans la MRC.

Selon l’agente France Piché de la Sûreté du Québec, une enquête a mené à l’opération. En après-midi, les constables ont intercepté un homme âgé au début de la cinquantaine connu du milieu. Par la suite, les policiers ont effectué quatre perquisitions à Victoriaville et ailleurs dans la MRC en lien avec ce commerce. De plus, les constables ont fouillé deux véhicules et deux résidences.

Le dossier suivra maintenant son cours au ministère du Revenu.

http://www.centresstop.com

Entreprise sans tabac Le groupe Aksal signe la Charte

Par l’Économiste

Un monde sans tabac! Pas forcément une utopie, si tout le monde y met du sien, surtout dans le milieu professionnel. Le groupe Aksal, qui est engagé depuis 2003 dans la lutte anti-tabac vient de passer à la vitesse supérieure en signant, jeudi 16 février,  la charte «Entreprise sans tabac», via une convention avec l’association Lalla Salma de lutte contre le cancer. Par conséquent, toutes les unités du groupe, présidées par Salwa Idrissi Akhannouch, sont concernées par cette convention. Notamment le Morocco Mall à Casablanca, dernier-né du groupe, et qui reçoit près de 90.000 visiteurs par jour. Ce grand  complexe commercial a été réalisé par les groupes Aksal et Nesk Investment. Il a nécessité un investissement de 2 milliards de DH, sur une superficie de 200.000 m², 3 niveaux. Il abrite environ  200 commerces.
«Il s’agit de préserver nos employés ainsi que nos clients des méfaits du tabac», a déclaré Salwa Akhannouch.  Une vaste campagne de communication accompagne cette opération. Pour commencer, les salariés du Morocco Mall (projet qui a créé plus de 5.000 emplois directs) ont eu droit à une conférence sur le tabac et ses méfaits sur la santé. Elle a été animée par le Dr Youssef Chami, spécialiste en santé publique et membre de l’association, et Afif  Moulay Hachimi, professeur de pneumologie à la faculté de médecine et de pharmacie de Casablanca.
L’association Lalla Salma de lutte contre le cancer va accompagner le groupe Aksal dans la mise en place du programme de sensibilisation contre la cigarette. Lancé en 2010, ce programme «Entreprise sans tabac» a pour objectif la prévention et la mise en place de consultations spécialisées pour aider au sevrage tabagique. Ainsi, quelque 140 animateurs, médecins et infirmières dûment formés en tabacologie, ont été initiés sur le module d’information, éducation et communication que propose le projet pour la sensibilisation des entreprises partenaires.
A noter que Maroc Telecom, BMCE Bank, Banque Populaire, l’Office national de l’électricité, la société Eqdom et la Caisse nationale des organismes de prévoyance sociale ont également adhéré au projet de l’association. En signant la charte «Entreprises sans tabac», ces sociétés visent à protéger la santé de leurs salariés, à valoriser leur image et à respecter la loi.
Des labels «or» ou «argent» leurs sont décernés, après un audit des actions, par l’association chaque année. Avant les entreprises, le programme a démarré en 2007 au niveau des collèges et lycées. Là, des clubs de santé antitabac ont été créés au sein desquels les élèves conçoivent et organisent des activités culturelles, artistiques et sportives. Les thèmes retenus dans le cadre de la lutte contre le tabagisme portent sur les méfaits du tabac, les bienfaits de l’abandon des habitudes tabagiques ainsi que le soutien et l’accompagnement au sevrage.

http://www.centresstop.com

Tabac : un fumeur sur quatre prêt à arrêter

Par RTL.be

La hausse des prix du paquet et la baisse du pouvoir d’achat ne contrarient pas les fumeurs au point de les inciter à écraser définitivement leurs cigarettes. C’est ce que montre une étude réalisée par Harris Interactive pour Pfizer, rendue publique ce jeudi 16 février.

Si plus d’un fumeur sur quatre (26,2%) prévoit de stopper la cigarette au cours de l’année, plus de six fumeurs interrogés sur dix (63%) affirment ne pas être prêts à lâcher cette mauvaise habitude.

Chaque année en France, ce sont 750 000 personnes qui arrêtent de fumer durant au moins un an, soit 2 000 personnes chaque jour*.

Le tabac, une mauvaise habitude ?

Pis, une addiction. Les fumeurs en sont accros, ils n’ont pas peur de le dire. Près de sept fumeurs sur dix (69%) pensent que la cigarette est fortement addictive. Cette dépendance au tabac est citée en premier par les personnes interrogées, devant les drogues comme l’héroïne (68,9%) et la cocaïne (67,7%).

La cigarette, un “plaisir” nocif

Une fois enlevé le côté addictif, les fumeurs gardent un attachement certain pour la cigarette. Explication : pour nombre d’entre eux, le geste de fumer revêt un aspect récréatif. Pour ces fumeurs, la cigarette est considérée comme un vrai plaisir de la vie, dont ils ne sauraient se passer.

Preuve de cette affection sans bornes, près de 19 % des sondés avouent qu’ils ne cesseraient pas de fumer, même s’ils venaient à contracter une maladie liée au tabagisme. Un cancer sur trois est aujourd’hui causé par le tabagisme. Les plus connus sont les cancers du poumon, mais le tabac peut être également responsable du cancer de la gorge, de la bouche, du pancréas, des reins, de la vessie…

Le tabac figure aussi parmi les principaux facteurs de risque d’infarctus, d’accidents vasculaires cérébraux, d’hypertension artérielle, de bronchite chronique, etc. Cette étude a été réalisée en ligne, en janvier 2012, auprès d’un panel de 1 000 fumeurs, âgés de 15 ans et plus. Les sondés étaient répartis en trois catégories : 214 fumeurs (24,1%), 305 ex fumeurs …

Une première plage labellisée “sans tabac” à Nice

Par NouvelObs

Le maire (UMP) de Nice, Christian Estrosi, et le président de la Ligue nationale contre le cancer (LNCC) Gilbert Lenoir ont signé lundi une convention officialisant la labellisation d’une plage de la ville comme “plage sans tabac”.

“Lancer les plages et espaces sans tabac, c’est contrecarrer enfin l’association des vacances, du repos, des loisirs ou de la détente avec celle de fumer”, a expliqué le Pr Lenoir.

“Nice a été la première ville à proposer à la Ligue l’ouverture dès 2012 d’une grande plage sans tabac”, a-t-il souligné.

“Lorsque New York a décidé de faire Central Park sans tabac, cela a eu un retentissement international et a créé une dynamique en Amérique du Nord. Avec Nice, dont le rayonnement (touristique) est presque équivalent, nous souhaitons enclencher ce même cercle vertueux et systématiser les espaces publics sans tabac partout en France”, a-t-il ajouté.

Christian Estrosi s’est dit pour sa part “très fier que Nice, ville emblématique pour le tourisme, ait la première plage de France labellisée +plage sans tabac+” et a appelé les autres maires de France à “suivre l’exemple” niçois.

C’est la plage très centrale du Centenaire, sur la Promenade des Anglais, déjà labellisée “handyplage”, qui a été proposée par la municipalité et retenue par la LNCC.

L’interdiction de fumer sur cette plage entrera en vigueur “pour la prochaine saison estivale”, selon le maire. L’arrêté municipal ad hoc devrait paraître dans les trois mois. Les contrevenants s’exposeront à des amendes pouvant aller jusqu’à 38 euros.

“Plage sans tabac” est une déclinaison du label national “Espace sans tabac”, créé par la LNCC. Ce label a pour vocation de proposer au grand public, en partenariat avec les collectivités territoriales, des espaces, non soumis à l’interdiction de fumer du décret Bertrand, dans lesquels il est interdit de fumer sur décret municipal.

Une plage non-fumeur – mais non labellisée – avait déjà été expérimentée par la municipalité de La Ciotat (Bouches-du-Rhône) en juin 2011, le temps de la saison estivale. Une initiative qui avait remporté un franc succès auprès des vacanciers.

Un sondage Ifop avait révélé que les trois quarts des Français étaient favorables à une interdiction de fumer sur les plages.

Le tabagisme est responsable de plus de 60.000 morts par an, dont 37.000 par cancer, selon la LNCC.

Le Tabac selon Wikipédia

Tabac

Du tabac et une balance au musée de la vie bourguignonne, Dijon

Le tabac est un produit psychoactif manufacturé élaboré à partir de feuilles séchées de plantes de tabac commun (Nicotiana tabacum), une espèce originaire d’Amérique centrale appartenant au genre botanique Nicotiana (famille : Solanaceae).

L’usage du tabac s’est largement répandu dans le monde entier à la suite de la découverte de l’Amérique. Sa commercialisation est souvent un monopole d’État et sa vente généralement soumise à de lourdes taxes.

Sommaire

La chaîne de production

Culture

Plante de tabac adulte

La graine est semée en pépinière ou sur semis flottants au début du mois de mars puis est transplantée en champ à la mi-mai. La plante atteint 1 m 80 au début de l’été lorsque commence la floraison. La fleur est coupée afin que les feuilles se développent (une vingtaine par pied). Les premières décolorations indiquent le moment de la récolte (juillet/août) qui nécessite une main-d’œuvre nombreuse et attentive. Les feuilles de tabac sont séchées sous air chaud, dans des séchoirs traditionnels ou sous serres. Les feuilles sont triées à l’automne et en été1.

Le séchage à l’air chaud dure une semaine et nécessite environ 20 kg de bois pour sécher 1 kg de tabac. Le mode de séchage à l’air chaud se classe au premier rang par son taux d’utilisation avec environ 6 tonnes de tabac sur 10 traitées par ce processus. Ce séchage entraîne donc une déforestation importante2.

Dans la partie septentrionale de l’Afrique, c’est plus de 140 000 hectares de terrains boisés indigènes qui disparaissent chaque année pour servir de combustible pour le séchage du tabac, ce qui correspond à 12% de la déforestation annuelle totale dans la région3.

Production

Les Nicotiana sont des plantes néotropicales nitrophiles, originaires des régions chaudes et nécessitant un sol riche en humus. La température et la nature des sols jouent un rôle prépondérant sur les propriétés du tabac : la culture ne peut s’effectuer qu’entre des températures allant de 15 °C à 35 °C, 27 °C constituant un idéal pour l’épanouissement des plants. On estime la surface cultivée mondiale à 5 millions d’hectares, essentiellement en Asie et en Amérique, bien que sa relative plasticité lui permette d’être cultivée entre le 60e degré de latitude nord et le 40e degré de latitude sud. Le degré de maturation et la méthode de récolte des feuilles constituent un élément essentiel et déterminant pour leur destination. Sous-maturées, les feuilles sont destinées aux capes pour cigares (l’enveloppe extérieure). La récolte en feuilles peut durer plus d’un mois, les feuilles étant récoltées une par une selon la maturation, tandis que la récolte par tige est beaucoup plus rapide car mécanisée, mais au détriment de la qualité.

La production de tabac, estimée à plus de 11 millions de tonnes[réf. nécessaire], est dominée par la Chine, les États-Unis, l’Inde, le Brésil, et certains pays de l’ex-URSS. La très grande majorité des pays achètent du tabac, même lorsqu’ils sont eux-mêmes producteurs : dans ce cas, les importations visent à suppléer les lacunes en termes de diversité.

La manufacture du tabac est dominée par la Chine, l’Amérique du Sud (Brésil), l’Inde, les pays de l’ex-URSS et le Japon. La cigarette représente l’essentiel de la production, estimée à plus de 5 000 milliards d’unités en 1993.

Carte des pays producteurs de tabac, 2005
Production en tonnes. Chiffres 2003-2006
Données de FAOSTAT (FAO) Base de données de la FAO, accès du 13 juin 2008
2003 2004 2005 2006 2007
Drapeau de Chine Chine 2 262 658 38% 2 411 490 38% 2 688 500 41% 2 750 000 41% 2 397 200 38%
Drapeau : Brésil Brésil 656 200 11% 921 281 14% 889 426 14% 905 352 13% 908 679 15%
Drapeau d'Inde Inde 490 000 8% 550 000 9% 550 000 8% 550 000 8% 520 000 8%
Drapeau des États-Unis États-Unis 364 080 6% 400 060 6% 290 170 4% 338 060 5% 353 177 6%
Drapeau d'Argentine Argentine 117 779 2% 118 000 2% 163 528 2% 163 528 2% 170 000 3%
Drapeau d'Indonésie Indonésie 210 300 4% 141 000 2% 141 000 2% 141 000 2% 164 851 3%
Drapeau de Turquie Turquie 112 158 2% 133 913 2% 135 247 2% 140 000 2% 74 584 1%
Drapeau de Grèce Grèce 136 000 2% 133 937 2% 125 503 2% 125 503 2% 30 783 0%
Drapeau d'Italie Italie 124 985 2% 117 882 2% 117 882 2% 120 000 2% 100 000 1%
Drapeau du Pakistan Pakistan 88 200 1% 86 200 1% 100 500 2% 112 600 2% 103 000 2%
Drapeau de Thaïlande Thaïlande 66 000 1% 68 000 1% 68 000 1% 70 000 1% 70 000 1%
Drapeau du Malawi Malawi 69 500 1% 69 500 1% 69 500 1% 69 500 1% 118 000 2%
Drapeau de Corée du Nord Corée du Nord 64 000 1% 64 000 1% 64 000 1% 65 400 1% 63 000 1%
Drapeau du Zimbabwe Zimbabwe 102 683 2% 62 320 1% 65 000 1% 65 000 1% 79 000 1%
Drapeau de Tanzanie Tanzanie 28 000 0% 34 000 1% 47 000 1% 52 000 1% 50 600 1%
Drapeau du Japon Japon 50 662 1% 52 659 1% 47 000 1% 47 000 1% 40 000 1%
Drapeau du Canada Canada 46 338 1% 42 430 1% 43 000 1% 43 000 1% 44 000 1%
Drapeau du Viêt Nam Viêt Nam 31 800 1% 23 400 0% 25 900 0% 42 600 1% 31 900 0%
Drapeau d'Espagne Espagne 40 192 1% 40 596 1% 40 251 1% 42 000 1% 30 000 0%
Reste du monde 922 523 15% 934 116 15% 917 651 14% 889 698 13% 853 353 14%
Total 5 984 058 6 404 784 6 589 058 6 732 241 6 202 127

Maladies de la plante

Ravageurs

  • Taupes, courtillières, limaces, pucerons, hépiales, noctuelles (vers gris), thrips et araignée.

Autres ennemis

  • Orobanche (plante parasite) ;
  • Nématode des tiges (anguilules).

Production Française

En 2010, la France produit environ 18000 tonnes par an et est 5ieme producteur européen, avec 97% de tabac blond et 3% de brun exporté dans 20 pays. Cette production est répartie sur 7000 hectares. Il y a 2076 planteurs et 20000 travailleurs saisonniers (6 mois par an) dans 60 départements. Il y a 7 coopératives, une usine de première transformation à Sarlat (en Dordogne)4. En 1950 les producteurs étaient 105000. L’Europe importe 75% de sa production et la raréfaction des aides de européennes de la PAC aux producteurs de tabac tend à faire disparaître la production européenne et rendre la filière totalement dépendante des pays tiers comme la Chine et le Brésil. Le kilo de tabac était vendu environ 4€ en 2011 suite à l’arrêt des aides il est vendu à 3€5.

Traitement

Tabac en train de sécher au soleil. Nord-ouest de l’Iran.

Les feuilles de tabac récoltées, sont séchées pour éliminer plus de 90 % de leur eau. Les tabacs en feuilles sont classés selon leur variété ou leur mode de séchage :

  • sun-cured, tabacs orientaux séchés au soleil ;
  • flue-cured, tabacs type Virginie séchés à l’air chaud, très appréciés ;
  • fire-cured, tabacs noirs type Kentucky séchés au feu ;
  • dark air-cured, tabacs noirs séchés à l’air naturel, goût français ;
  • light air-cured, tabacs clairs type White Burley séchés à l’air, goût américain ;

S’ensuit soit un stockage pour les tabacs fire-cured ou certains light air-cured, soit une fermentation pour favoriser la volatilisation de la nicotine et de l’ammoniac.

Commercialisation

Tabac blond type Virginie

La consommation extensive du tabac dans le monde a engendré la constitution de majors d’industrie puissantes.

Le premier producteur mondial de tabac est le monopole chinois China National Tobacco Corporation.

Plus de 70 % du marché hors Chine est réalisé par quatre multinationales aux diverses marques. Ce sont, dans l’ordre décroissant de chiffre d’affaires :

Le marché des pays occidentaux développés étant arrivé à un plateau, les efforts commerciaux des industries du tabac se focalisent sur les pays en voie de développement.

Histoire

Fleurs et fruits du tabac
Article détaillé : Histoire de la culture du tabac.

Christophe Colomb, en découvrant l’Amérique en 1492, constate que les Indiens utilisent le tabac pour ses propriétés magiques et médicamenteuses. André Thevet en ramena des graines et c’est ainsi que le tabac commença sa culture en Europe.

Étymologie

Le mot tabac, désignant à l’origine, pour les européens, à la fois la plante et le cigare confectionné avec ses feuilles, vient de l’espagnol tabaco, lui-même emprunté à un mot arawak désignant une sorte de pipe, un instrument à deux tuyaux. Il est attesté sous sa forme espagnole depuis la première moitié du XVIe siècle. Les Arawaks, ensemble de peuplades amérindiennes des Antilles et d’Amazonie, possédaient donc probablement un autre mot pour désigner la plante que nous appelons tabac (digo selon l’archeologue Benoît Bérard) ; ce mot est apparu en espagnol par glissement sémantique, le contenant (pipe, instrument) finissant par désigner le contenu (feuilles séchées de la plante) puis la plante elle-même.

Origine en Amérique centrale

La culture du tabac trouve son origine en Amérique, il y a plus de 500 ans. Lorsque Christophe Colomb rencontre les Amérindiens, ceux-ci pour se soigner roulent des feuilles de tabac jusqu’à obtenir une sorte de grand cigare qu’ils appellent « tabaco »6.

Dans leur calumet brûle également un mélange de plusieurs herbes dont le tabac.

À la même époque, comme le tabac n’existe pas en Europe, les Romains et les Grecs, qui fumaient la pipe, emploient des feuilles d’autres végétaux tels que le poirier7. Divers travaux ont aussi postulé la consommation de nicotine dans l’Égypte antique, mais sans parvenir à une conclusion claire à propos de son origine.

Débuts en Europe

Esclaves travaillant dans un atelier de production de tabac. 1670, Virginie.

En 1492, lors de son expédition en Amérique, Christophe Colomb découvre le tabac8 et le rapporte en Europe, à la Cour espagnole et portugaise, où il est pendant longtemps utilisé comme simple plante d’ornement. Ce n’est qu’au milieu du XVIe siècle que le médecin personnel de Philippe II d’Espagne commence à le promouvoir comme « médicament universel ». La première description écrite serait le fait de l’historien espagnol d’Oviedo.

Il sera introduit en France en 1556 par un moine cordelier, André Thévet qui au retour de son séjour au Brésil, en fit la culture dans les environs de sa ville natale d’Angoulême. On l’appelle alors « herbe angoulmoisine » ou « herbe pétun ».

Dès 1775, les premiers soupçons de relation entre tabac et cancer sont exprimés9.

Débuts en France

En 1560, l’ambassadeur de François II au Portugal, Jean Nicot, se basant sur l’effet curatif du tabac des rituels indiens, envoie de la poudre à la Reine Catherine de Médicis afin de traiter les terribles migraines de son fils François II. Le traitement a du succès et le tabac devient ainsi « l’herbe à la Reine ». Sa vente sous forme de poudre est réservée aux apothicaires. Pour honorer Jean Nicot, le duc de Guise proposa d’appeler cette herbe nicotiane. Cette proposition fut retenue par le botaniste Jacques Daléchamps qui dans son livre Histoire générale des plantes10 au chapitre “Du Petum ou Herbe à la Reine” l’illustre d’une gravure intitulée Nicotiane ou Tabacum, terminologie reprise ensuite par Linné pour créer son binôme11. La plante reçut de très nombreux noms parmi lesquels on peut citer « nicotiane », « médicée », « catherinaire », « herbe de Monsieur Le Prieur », « herbe sainte », « herbe à tous les maux », « panacée antarctique » et finalement « herbe à ambassadeur ».

C’est à la fin du XVIe siècle qu’apparaît le mot « tabac » : la première illustration botanique en est donnée par Nicolas Monardes en 1571. En 1575, André Thevet donne un “pourtrait de l’herbe Petum ou Angoulmoisine” dans sa Cosmographie universelle (t II, livre XXI, chap VIII).

À la même époque, est publié un des premiers traités sur le tabac, vu alors comme une plante médicinale : L’instruction sur l’herbe petum (1572) par Jacques Gohory.

Le Cardinal de Richelieu instaure une taxe sur la vente de tabac en 1621. Colbert fit de sa production et de son commerce un monopole royal et à l’époque la production nationale est la plus développée d’Europe, avec des plantations dans l’Est, le Sud-Ouest, ainsi que dans les 4 îles des Antilles les plus peuplées : Saint-Christophe, Martinique, Guadeloupe et Saint-Domingue 12.

La Ferme du tabac créée sous Louis XIV en 1674

Article détaillé : ferme du tabac.

Jeune plante de tabac

À la demande de Louis XIV, Colbert établit un « Privilège de fabrication et de vente » en 1674, l’année de la création de la Compagnie du Sénégal. Les premières Manufactures des tabacs sont fondées à Morlaix, Dieppe et Paris. Le privilège est d’abord concédé à des particuliers dont le premier est Madame de Maintenon13 qui le revend, puis à la seule Compagnie des Indes, au moment où celle-ci doit se retirer du commerce du sucre, relevant alors directement du roi et des ports qu’ils souhaitent favoriser.

La culture du tabac devient un monopole et rapidement les gouvernants voient les rentrées d’argent qu’ils peuvent espérer des taxes sur le tabac. Ces taxes augmentent le prix de vente, tandis que la recherche d’un bénéfice rapide dicte un faible prix d’achat aux planteurs, à une époque où les rois souhaitent remplacer la culture du tabac aux Antilles par celle du sucre, beaucoup plus rentable, à l’image de ce qui s’est passé sur l’île de la Barbade britannique.

Plus que le monopole, c’est la stratégie de prix de vente et d’achats qui modifie alors en profondeur la production mondiale de tabac.

La contrebande se développe sur les côtes, en particulier sur l’île de Noirmoutier, et le nouveau monopole doit installer des acheteurs dans les ports d’Amsterdam et Liverpool, pour acheter le tabac des Antilles françaises, puis le tabac de Virginie, beaucoup moins cher, auquel les consommateurs prennent goût, et qui prend son essor12.

La Virginie grande zone de production mondiale au XVIIIe siècle

Champ de tabac

Les planteurs de Virginie commencent à importer des esclaves grâce à la Compagnie royale d’Afrique, créée en 1672. En trente ans, les importations françaises font plus que tripler, passant de 20 % à 70 % de la consommation intérieure de tabac. La Virginie représente à elle seule 60 % des importations françaises12. En échange, la monarchie anglaise tente d’empêcher les raids de flibustiers anglais sur les îles à sucre françaises.

Cette politique subit cependant un coup d’arrêt à la fin du siècle lorsque les taxes sur l’exportation du tabac anglais augmentent de 150 %. En 70 ans, elles quadruplent, mais sans gêner encore la position dominante déjà acquise sur le marché12. Le port de Londres, qui a le monopole d’importation depuis 1624, a les moyens de rendre cette filière compétitive.

Dès le milieu du 18e siècle, la Virginie contrôle l’essentiel du marché mondial. L’autre grand producteur est la colonie voisine du Maryland, également soutenue par la dynastie Stuart.

Afin de maîtriser les flux, la culture du tabac est prohibée dès 1719 dans toute la France, avec des condamnations qui peuvent aller jusqu’à la peine de mort. Exceptions : la Franche-Comté, la Flandre et l’Alsace. Elle le restera jusqu’en 1791.

En 1809, Louis-Nicolas Vauquelin, professeur de chimie de l’École de Médecine de Paris, isole un principe actif azoté des feuilles de tabac. La nicotine, quant à elle, sera identifiée quelques années plus tard.

La cigarette est introduite en France vers 1825.

Consommation

Le tabac est consommé principalement fumé sous forme de cigares, de cigarettes, à l’aide d’une pipe ou d’un narguilé ; il peut aussi être mâché (chiqué), sucé (Snus) ou prisé.

La consommation de tabac entraine généralement une dépendance durable14.

Effets et toxicité

Article détaillé : Effets du tabac sur la santé.
Article détaillé : Tabagisme.
Article détaillé : Nicotine.

Composition

La composition du tabac est complexe (certains avancent un ordre de grandeur de 4000 constituants [réf. nécessaire]), à cause de la complexité de la plante et à cause des nombreux traitements réalisés sur le tabac récolté pour en assurer la conservation, la couleur, le parfum, le goût, la plasticité, etc.

Dans la plante fraiche de Nicotiana tabacum, on trouve un mélange d’alcaloïdes composés de 93% de (S)-nicotine, 3,9% de (S)-anatabine, de 2,4% de (S)-nornicotine, et de 0,5% de (S)-anabasine. Lors de sa croissance, via ses racines avec l’eau et les nutriments, ou avec l’oxygène la plante absorbe lors de sa croissance plusieurs produits radioactifs, qu’on retrouvera dans la fumée, le filtre et moindrement le papier des cigarettes ou des bidies15,16,17,18 et dans les poumons, via l’inhalation de la fumée19. Le polonium du tabac engendre le plus de radioactivité inhalée20.

Les feuilles de tabac sont sensibles à certains polluants dont l’ozone troposphérique. Le stress oxydant peut en modifier la composition.

L’American Journal of Public Health a montré, en septembre 2008, que les « majors » de l’industrie du tabac, Philip Morris (PM), RJ Reynolds, British American Tobacco, etc., ont volontairement caché au public, depuis les années 1960, la présence de polonium 210, une substance hautement cancérigène (et utilisée pour l’assassinat de l’espion Alexander Litvinenko) dans les cigarettes21,22,23. Une des explications de cette présence de produits radioactifs dans le tabac est l’utilisation fréquente aux Etats-Unis d’engrais à base d’apatites, utilisés pour donner une saveur spécifique au tabac21,22,24. Certaines variétés semblent absorber moins de radon et polonium25 (sous réserve que cela ne soit pas du à une moindre présence de ces produits dans leur environnement)

Tabagies

Tabagie du roi Frédéric-Guillaume de Prusse
  • Les tabagies (en allemand Tabakskollegium) étaient des réunions réservées aux hommes au XVIIIe et au XIXe siècle pour discuter d’affaires entre eux, en particulier après la chasse. Frédéric-Guillaume Ier de Prusse y était fort assidu dans son château de Wusterhausen, où il s’entourait de ses proches conseillers, en fumant de longues pipes.

Notes et références

  1. france-tabac.com — La culture du tabac.
  2. Fumer tue… la planète! (Natura Sciences)
  3. Geist HJ. How tobacco farming contributes to tropical deforestation. Dans: ,Abedian et al. eds. The Economics of Tobacco Control: Towards an Optimal Policy Mix. Cape Town, Applied Fiscal Research Centre, 1998
  4. http://www.france-tabac.com/chiffres.htm
  5. http://www.lexpress.fr/actualites/2/actualite/les-producteurs-francais-de-tabac-menaces-de-mort_969477.html
  6. Les Indiens d’Amérique centrale utilisaient les feuilles de tabac pour se soigner, couper la faim et la fatigue et apaiser les douleurs
  7. Les Romains et les Grecs fumaient la pipe, mais pas le tabac
  8. Dans son journal de bord 1492-1493, Christophe Colomb observe “beaucoup de gens qui se rendaient à leur village, hommes et femmes, avec à la main un tison d’herbes pour prendre leurs fulmigations ainsi qu’ils en ont coutume”
  9. “Even as early as 1775, physicians such as Sir Percival Pott were publishing medical reports linking tars and other smoking products to cancer”, Bill Fawcett, You said what ? – Lies and propaganda though history, Harper-Collins eBooks, 2007, ISBN 978-0-06-155885-6, page 262.
  10. Gallica
  11. Jean-Marie Pelt, La cannelle et le panda. Les grands naturalistes explorateurs autour du monde, Fayard, 1999
  12. Tobacco in History: The Cultures of Dependence
  13. The making of New World slavery: from the Baroque to the modern, 1492-1800
  14. (en) Determinants of first puff and daily cigarette smoking in adolescents, O’Loughlin J, Karp I, Koulis T, Paradis G, DiFranza J., American Journal of Epidemiology 2009;170(5):585-597, 2009
  15. Mussealo-Rauhamaa, H. and Jaakkola, T., 239Pu, 240Pu and 210Po contents of tobacco and cigarette smoke. Health Phys., 1985, 49, 296–301.
  16. Watson, A. P., Polonium-210 and lead-210 in food and tobacco products: transfer parameters and normal exposure and dose. Nucl. Saf., 1985, 26, 179–191.
  17. Khater, A. E. M. and Al-Sewaidan, H. A. I., Polonium-210 in cigarette tobacco. Int. J. Low Radiation, 2006, 3(2/3), 224–233
  18. Karali, T., Olmez, S. and Yener, G., Study of spontaneous deposition of 210Po on various metals and application for activity assessment in cigarette smoke. Appl. Radiat. Isot., 1996, 47, 409–411.
  19. Skwarzec, B., Ulatowski, J., Struminska, D. I. and Borylo, A., Inhalation of 210Po and 210Pb from cigarette smoking in Poland. J. Environ. Radioact., 2001, 57, 221–230.
  20. Khater, A. E. M., Polonium-210 budget in cigarettes. J. Environ. Radioact., 2004, 71, 33–41
  21. Waking a Sleeping Giant: The Tobacco Industry’s Response to the Polonium-210 Issue, American Journal of Public Health, septembre 2008
  22. Le secret du polonium 210 dans la fumée de cigarette, Le Figaro, 27 août 2008
  23. Du polonium 210 dans les cigarettes : les industriels savaient, Le Nouvel Observateur, 28 août 2008
  24. (en) J. Marmonstein, « Lung cancer: is the increasing incidence due to radioactive polonium in cigarettes? », 1986
  25. B. C. Purkayastha and D. K. Bhattacharyya, Estimation of rare and radioactive constitutents in samples of Indian tobacco with the aid of low-level beta-counter ; Journal of Radioanalytical and Nuclear Chemistry Volume 27, Number 2, 345-351, DOI: 10.1007/BF02520574 (Résumé)

Annexes

Bibliographie

Articles connexes

http://www.centresstop.com

Le blogue des Centres Stop premier dans l’industrie

Par Roger-Luc Chayer, journaliste

Le blogue des Centres Stop, lancé en 2010, est vite devenu la norme en matière de fil de presse spécialisé en matière de cigarette et de traitements contre la dépendance avec la publication de centaines de nouvelles permettant aux personnes qui souhaitent arrêter de fumer de connaître l’état de la recherche.

Non seulement le blogue est bilingue, il sert de référence en matière de publication spécialisée et déclasse l’ensemble de la compétition avec des statistiques supérieures à tout ce qui se fait ailleurs. C’est donc dire que ce service offert par les Centres Stop répond aux nombreuses demandes du public et a son utilité.

Tabac : l’OMS veut des paquets de cigarettes moins attrayants

Selon maxisciences.com,

C’est lors de la Convention-cadre de l’Organisation mondiale de la santé pour la lutte antitabac que 170 pays se sont unis afin de lutter contre le tabac sur leur territoire. Cela devrait passer par des campagnes de sensibilisation, ainsi que par des programmes d’aide à l’arrêt de lacigarette et du tabac.
L’analyste principal des politiques de la Société canadienne du cancer explique à l’AFP : “Ces directives vont aider les pays à adapter leurs lois et à répondre aux faux arguments de l’industrie du tabac“. Le Figaro explique que si aucune mesure concrète n’a alors été prise, chaque pays devra mettre au point ses propres mesures et cela notamment en ce qui concerne la réglementation des additifs chimiques. Sur le sujet, Antoon Opperhuizen, membre du secrétariat de la Conférence des parties à la Convention-cadre de l’Organisation mondiale de la Santé pour la lutte anti tabac, explique : “Il y a des centaines de substances chimiques qui sont utilisées dans les produits de tabac pour les rendre plus attractifs et visent spécialement un public jeune“.

De son côté, France Soir explique que l’Organisation mondiale de la Santé est aujourd’hui toujours en train de travailler à la standardisation des paquets de cigarettes et de tabac afin de rendre le produit le moins attractif possible. Plusieurs pays seraient déjà engagés dans cette voie comme l’Australie où l’idée a d’ores et déjà été approuvée. Mais il s’agit là d’un sujet difficile puisque le paquet de cigarettes reste le seul emplacement marketing pour les marques de tabac. En France, le rapporteur de la mission Santé à la commission des Finances de l’Assemblée juge cette nouvelle mesure précipitée en expliquant : “Il faudra voir à l’usage, cela peut-être un complément mais la priorité serait plutôt à une harmonisation européenne des taxes sur le tabac“.

 

Le tabac interdit dans les lieux publics en Pologne

Selon romandie.com,

Le tabac est totalement banni des hôpitaux, centres médicaux, établissements scolaires et culturels, stades, et toutes les aires réservées aux enfants, ainsi que des transports publics, y compris les gares et les arrêts de bus.

Dans les restaurants, bars, pubs et cafés, tout comme dans tous les lieux de travail, la cigarette sera autorisée uniquement dans des pièces spécialement délimitées, fermées et pourvues d’un système de ventilation.

Les propriétaires des établissements qui n’afficheront pas chez eux l’interdiction de fumer seront passibles d’une amende de 2.000 zlotys (500 euros).

Les fumeurs violant la nouvelle loi risquent une amende de 500 zlotys (125 euros).

34% des hommes et 21% des femmes sont fumeurs en Pologne.

(©AFP / 15 novembre 2010 10h29)

 

Chirurgie et tabac ne font pas bon ménage

selon news.fr.msn.com,

Renoncer à la cigarette durant les semaines qui suivent une intervention chirurgicale permet de réduire de moitié les risques de complications, selon une étude suédoise présentée mardi à l’occasion du 85e congrès de chirurgie orthopédique et traumatologique.

En 2005, une conférence d’experts avait déjà montré que l’abstinence pendant les semaines précédant une opération diminuait le risque de complications. “Mais elle est un peu restée lettre morte dans les services de chirurgie”, a déclaré à la presse Alain-Charles Masquelet, chef du service de chirurgie orthopédique et traumatologique de l’hôpital Avicenne (Bobigny).

“Indiscutablement, le tabac est responsable de complications péri-opératoires”, a-t-il affirmé. “On le sait, mais on n’y croit pas”.

Des chercheurs suédois ont cette fois étudié l’arrêt du tabac à partir du moment de l’opération et jusqu’à six semaines après celle-ci. L’étude, publiée dans une revue spécialisée (The Journal of Bone and Joint Surgery), concernait des patients subissant une chirurgie orthopédique en urgence, de type fracture.

Ils ont montré que les patients abstinents pendant 6 semaines après l’opération présentaient deux fois moins de complications que ceux ayant continué à fumer, soit 20% contre 38% pour les fumeurs.

En France, quelque 2 millions de fumeurs se font opérés chaque année. Les complications éventuelles concernent tous les types de chirurgie et sont de deux ordres, a expliqué le Pr Masquelet.

Ce sont des “complications générales”, notamment respiratoires, et des “complications chirurgicales”, qui se traduisent par une cicatrisation plus difficile et des infections.

Deux substances sont principalement en cause : le monoxyde de carbone qui empêche une oxygénation suffisante des tissus, et la nicotine, responsable de vaso-constriction. Pour comprendre l’effet vaso-constricteur de la nicotine, il suffit de regarder un néophyte fumer un cigare, explique le Pr Masquelet : “en quelques minutes il devient tout blanc”.

L’effet nocif du tabac sur la micro-circulation porte sur tous les organes, y compris l’os, précise le spécialiste. “Un os ce n’est pas un bout de bois, c’est un organe qui vit”, souligne-t-il. Un défaut de micro-circulation nuit à la consolidation osseuse.

De façon optimale, le sevrage devrait intervenir entre 6 et 8 semaines avant une intervention programmée.

Après l’opération, la poursuite de l’abstinence “permet de ne pas gêner le processus de régénération tissulaire”. Le Pr Masquelet recommande “au moins 6 semaines d’abstinence”, le temps de régénération des muscles et graisses sous-cutanées.

Pour les os, le délai de consolidation est un peu plus long (au moins 3 mois).

Pour le Pr Masquelet, il ne s’agit pas de tenir un discours moralisateur, mais d’informer et le cas échéant d’accompagner le fumeur pendant les quelques semaines nécessaires à la cicatrisation, même si l’arrêt du tabac n’est pas définitif.

Plus de 800.000 interventions de chirurgie orthopédique sont réalisées chaque année en France, précise la Société française de chirurgie orthopédique et traumatologique.

 

Tunisie, les chiffres alarmants du tabagisme

Selon gnet.tn,

“Prévention du tabagisme : aider les jeunes à dire non”, tel était le thème du dernier cercle de la santé organisé récemment par l’Office national de la Famille et de la Population (ONFP), où ont été passés en revue les résultats de nombreuses enquêtes réalisées sur le tabac en Tunisie qui concerne 50% des adultes, 10% des femmes et 28% des enfants et adolescents. L’âge de la première cigarette est en moyenne de 13 ans, et la prévalence du tabagisme chez les adolescents de 10 à 20 ans est de 12,8%.

L’enquête nationale menée par la Direction de médecine scolaire et universitaire (DMSU) en 2000 chez les adolescents de 12 à 20ans a montré que 55.8% des garçons et 17.7% des filles sont des fumeurs. Les jeunes tunisiens sont également adeptes du narguilé, 13,5% des garçons et 4% des filles fument la Chicha. Les jeunes tunisiens de sexe masculin arrivent en tête des fumeurs dans le monde arabe, avec un taux de prévalence de 50%. L’attirance par la nicotine chez les jeunes a toujours une raison, dont cette propension à  faire comme les autres, à imiter les grands et les idoles, à transgresser la loi, à surmonter la timidité, et à montrer qu’il n’y pas de différence genre, entre filles et garçons.

Une autre enquête nationale menée en 2005 par l’Institut National de Santé publique (INSP) auprès des adultes, a révélé que 50% des hommes et 10% des femmes sont des fumeurs.
Le tabac a des conséquences néfastes sur la santé : 90% des cancers pulmonaires, 85% des bronchites chroniques, 75% des infarctus du myocarde, et 25% de la mortalité par maladies cardiovasculaires (MCV) sont dus à la nicotine. Le tabac passif multiplie le risque de MCV par 10, et le risque d’angine de poitrine par 25. Comble du paradoxe : la cigarette est assez répandue dans un milieu où elle est censée être strictement bannie, soit le milieu médical. Une enquête réalisée en 2005 à l’hôpital Charles Nicolle a révélé que 1/3 des médecins, 2/5 des infirmiers et 2/3 des ouvriers sont des fumeurs.

La consommation des cigarettes a augmenté de 1981 à 1993 en Tunisie mais depuis, on observe une légère baisse. D’après une étude nationale sur les maladies respiratoires réalisée en 1996, la prévalence du tabagisme est de 30,4% pour les deux sexes confondus. Elle est d’environ 52% pour le sexe masculin et 6 % pour le sexe féminin. La consommation moyenne est de 17,7 cigarettes/jour. Les jeunes scolarisés fument moins que ceux non-scolarisés (18.1% contre 38.4%).

Selon les chiffres de  la Régie nationale des Tabacs et des Allumettes, la cigarette est le produit tabagique le plus consommé (96% des ventes). Le commerce du tabac est passé par trois phases au cours de la décennie 1985/1996 :

1-Une première phase de croissance rapide jusqu’en 1986, au cours de laquelle la consommation tabagique et passée de 1260 cigarettes/habitant/an à 1700 cigarettes/habitant/an ;
2-Une deuxième phase de stabilisation (de 1986 à 1992), avec une consommation oscillant autour de 1700 cigarettes/habitant/an ;
3-Une troisième phase de décroissance (de 1992 à 1995) caractérisée par une baisse sensible des ventes de 1700 cigarettes/habitant/an  à 1270 cigarettes/habitant/an.

D’après les données de vente, la consommation a baissé depuis 1992 de près de 8% par an. Les statistiques de vente du tabac sont établies par la RNTA qui a le monopole de production et de vente du tabac en Tunisie. Elles ne reflètent néanmoins pas toute la réalité, étant donné l’existence d’un marché parallèle de vente de tabac. Le prix du tabac a  augmenté de 6,5 % en moyenne par an entre 1984 et 1992 et 10% par an entre 1992 et 1994.

Le Tunisien dépense plus de 1/5 de son salaire pour le tabac et le narguilé, soit une moyenne de plus de 100 dinars par mois. L’initiation au tabac est étroitement liée au comportement parental, surtout à celui de la mère. Le risque augmente sensiblement chez ceux qui ont l’autorisation de leurs parents, ou qui ont un fumeur dans leur entourage familial. La majorité des enfants âgés de moins de 14ans (70%) vivent dans un environnement familial où existe au moins un fumeur.

La Tunisie s’est dotée d’un cadre législatif de lutte contre le tabac qui reste peu ou prou respecté, dont la loi de février 1998 relative à la prévention des méfaits du tabac, et le décret de 1998 portant sur l’identification des lieux publics où il est interdit de fumer, complété par le décret du 14 septembre 2009. Il existe actuellement un projet d’amendement de la loi de février 1998 portant notamment sur l’interdiction de mettre sur les paquets de cigarettes les expressions “légères”, “light”, “super light”, et interdiction de la vente des cigarettes aux enfants âgés de moins de 18ans.

En 2009/2010, quelque 2000 médecins généralistes ont été formés en matière de lutte anti-tabagique et  de conseil minimum. Par ailleurs, 250 médecins ont bénéficié d’une formation spécifique et approfondie sur le sevrage et 250 consultations d’aide au sevrage en première ligne ont été créées. Le sevrage nécessite un traitement de trois mois, revêtant des aspects médicamenteux, psychologique et comportemental.

Suivre

Get every new post delivered to your Inbox.